Les perspectives de la social-démocratie
Extraits du Discours d'ouverture de la Conférence sur l'avenir de la social-démocratie
Edward Broadbent - Ancien leader du NPD - 25 Mai 2001
Circonstances du dicours (anglais)

   .. A l'évidence, tout programme social-démocrate national devra non seulement s'inspirer de cette réflexion, mais également s'appuyer sur une stratégie électorale et une présence dynamique au Parlement. Toutefois, en dernière analyse, cette présence et cette stratégie doivent refléter l'assortiment complexe de valeurs et de programmes qui sont une source d'inspiration de tout parti social-démocrate, de ses membres et de ses militants. Au premier chef, la plate-forme social-démocrate doit tenir compte des préoccupations et des aspirations des citoyens démocrates. Au fil du temps, les programmes politiques subissent des ajustements dans leur formulation précise. Et cela est heureux. Pour demeurer dans l'optique social-démocrate, tout changement doit cependant se rapporter à certaines valeurs, croyances et institutions fondamentales.

   Si nous accomplissons correctement notre travail .. nos discussions donneront lieu à une série de propositions allant dans ce sens. Il ne s'agira pas d'aller chercher des votes ou de tenter de dégager à tout prix un consensus définitif. L'exercice peut cependant devenir une pépinière d'idées pour le Nouveau Parti Démocratique, qui tiendra un congrès à l'automne prochain. De nombreux animateurs et participants à cette conférence ont des liens très étroits avec le NPD. D'autres personnes n'ont pas eu le bonheur de vivre cette expérience exaltante. Tous et toutes, toutefois, se situent à gauche de l'échiquier politique et croient avec conviction à la nécessité de doter le Canada d'un nouveau programme politique progressiste.

   Dans quelques instants, je traiterai de notre marche à suivre pour la sélection des thèmes des quatre ateliers. Auparavant, j'aimerais cependant m'efforcer de les situer dans le contexte plus large de la lutte que mènent tous les sociaux-démocrates à l'échelle nationale et mondiale.
   Au début du XXe siècle, le grand social-démocrate allemand Eduard Bernstein a affirmé avec justesse que les prédictions pessimistes de Marx quant aux perspectives économiques et politiques de la plupart des nations européennes ne s'étaient jamais avérées. Grâce aux droits politiques et de la personne qu'ils ont pu arracher par les syndicats et les parlements, les travailleurs ont de fait amélioré grandement leur sort. Ils sont alors devenus ce que Bernstein a appelé les «nouveaux citoyens» et ont obtenu ce résultat, non pas en détruisant le système économique, mais en s'affranchissant de leurs conditions.
Les sociaux-démocrates ont utilisé ce nouveau pouvoir dans l'économie et les parlements pour transposer dans la sphère politique les problèmes de distribution de la richesse inhérents au capitalisme. Ils ont à vrai dire progressé substantiellement vers leur but ultime : une plus grande égalité.

Je ne crois pas qu'il soit bien difficile de constater ce qui rend la social-démocratie unique ou d'en arriver à la conclusion que la social-démocratie demeure, à la lumière de ces considérations, la meilleure et la plus fructueuse des solutions de rechange au capitalisme libéral-démocrate pour la grande masse de gens ordinaires partout dans le monde. Contrairement à ce que la plupart des médias au Canada et des autres pays anglo-américains professent, la social-démocratie est prospère en Europe continentale, et la culture social-démocrate y est fermement ancrée. Les données des dix dernières années révèlent d'étonnantes différences entre le Canada, le Royaume-Uni et les États-Unis. La comparaison de ces pays indique qu'en cette ère de mondialisation, en matière de justice sociale, les gouvernements nationaux peuvent encore et toujours faire la différence, d'une manière constructive ou négative. Au cours des années 1990, les mutations économiques dans la majorité des pays de l'OCDE découlant des progrès techniques et de la mondialisation ont élargi le fossé entre les classes et les régions aux plans du revenu et de la richesse créés par le marché. Les gouvernements de l'Europe continentale ont réagi en demeurant concurrentiel et en cherchant des moyens d'élargir la charte sociale. Les gouvernements anglo-américains ont décidé de procéder autrement et aggravé le problème en renforçant les inégalités. Les Danois et les Hollandais ont assoupli leur marché du travail de manière à le rendre dans l'ensemble concurrentiel, sans pour autant réduire les avantages ou les droits sociaux des travailleurs. Les taux de pauvreté des enfants causés par le marché au Canada et en Suède étaient pratiquement identiques pendant cette période (soit à environ 24 %), mais après l'intervention du gouvernement national suédois, seulement 2,6 % des enfants suédois sont demeurés dans la pauvreté. Par contraste, ce pourcentage était six fois plus important au Canada et la situation était encore pire au Royaume-Uni et aux États-Unis (cinq pays d'Europe occidentale ont un taux de pauvreté des enfants inférieur à 5 %). Tandis que le Canada et les États-Unis demeurent passifs et observent les grandes entreprises rentables mettre à pied des travailleurs, le gouvernement français a annoncé le mois dernier de nouvelles mesures pour renforcer les droits des travailleurs et modifier les règles fiscales, de manière à pénaliser les entreprises lucratives qui cherchent à accroître leurs profits en congédiant du personnel. Alors que les riches en Allemagne, en Suède et en Hollande continuent d'envoyer leurs enfants dans le réseau bien subventionné des écoles publiques, l'Ontario met en place un régime d'éducation à deux vitesses, déjà bien établi en Angleterre et aux États-Unis. Et pourtant, pendant les années 1990, l'Allemagne, la Suède et la Hollande ont connu une augmentation de la productivité égale à celle des États-Unis. Il s'ensuit que la plupart des démocraties d'Europe continentale considèrent que la justice sociale et l'efficacité économique sont deux volets complémentaires de la politique nationale.

   Comment en est-on arrivé à cette situation ? Résumée simplement mais avec justesse, je crois que l'évolution de la social-démocratie peut être décrite au mieux comme la fusion de nos droits politiques et de la personne hérités du passé, conjugués aux nouveaux droits économiques, sociaux et culturels. Ce regroupement s'est opéré une première fois au plan mondial en 1948, au moment de leur inclusion dans la Déclaration universelle des droits de l'homme, dont la première version a été rédigée par un social-démocrate canadien, John Humphrey, qui a enseigné le droit ici-même, à l'Université McGill. Par sa lettre et son esprit, la Déclaration universelle des droits de l'homme est de nature foncièrement social-démocrate, et il en va de même des deux pactes auxquels elle a donné naissance, l'un qui traite des droits politiques et de la personne, et l'autre des droits économiques, sociaux et culturels.

Plutôt que d'opposer la liberté et l'égalité, la Déclaration les considère davantage et avec à propos comme des objectifs éminemment complémentaires. Les personnes ne sont pas perçues comme des entités distinctes des collectivités; elles y sont intimement liées. Les citoyens n'ont par ailleurs pas que des droits, ils ont aussi des devoirs. Il ne peut y avoir de meilleur cadre pour la social-démocratie canadienne au vingt-et-unième siècle. Dans le préambule des trois documents dont je viens de parler, il y a une reconnaissance importante de l'égalité. On y dit que tous les hommes et toutes les femmes y ont le même droit à une vie en toute dignité, ainsi qu'un même droit aux moyens à mettre en oeuvre pour la réaliser. Pour garantir cette qualité de vie, une large gamme de droits humains sont énoncés, dont : la liberté de parole, d'association et d'assemblée, le droit aux soins de santé, à l'éducation et au travail, le droit à un salaire égal pour un travail égal. Du reste, le droit de fonder un syndicat et d'y adhérer est le seul droit commun aux trois documents. Les gouvernements sont tenus d'encourager et de promouvoir ces droits dans le contexte de la primauté du droit. Pour leur part, les citoyens ont « des devoirs envers la collectivité, sans laquelle le développement libre et complet de la personnalité humaine ne peut se réaliser ». Il y a quelques années, à l'occasion d'une visite en Afrique du Sud, je n'ai pas été surpris de constater que Nelson Mandella voyait dans ces droits et ces devoirs le fondement de la nouvelle constitution sud-africaine. Par ailleurs, on ne peut s'étonner que les États-Unis, pour qui la démocratie se réduit aux droits politiques et de la personne et au capitalisme du libre marché, soient la seule démocratie de l'Atlantique Nord à ne pas avoir ratifié le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.

Depuis la Deuxième Guerre mondiale, les sociaux-démocrates ont tenté d'établir une société fondée sur les principes complémentaires de liberté et d'égalité et certains pays affichent à cet égard une réussite exemplaire.
  Ces pays ont pu le faire en considérant que les êtres humains font partie de collectivités. Bien que la plupart d'entre eux ne sont pas entièrement égoïstes ou altruistes, tous les êtres humains ont leurs propres intérêts et peuvent aussi coopérer. Ils souhaitent l'avènement des marchés, mais désirent également coopérer et accomplir des choses en compagnie de leurs voisins et pour les autres citoyens. Au Canada, nous avons créé quelque 175 000 associations de bénévoles dans la société civile et instauré au pays un large éventail de programmes sociaux universels.

   Les économies de marché ont très largement réussi à faire sortir du cycle de la pauvreté la plupart des pays démocratiques développés. Elles ont également offert aux citoyens une large gamme de choix individuels et produit la richesse nécessaire à la prestation de droits sociaux réels. Pourtant, aux plans de la répartition des revenus et du pouvoir, le capitalisme a des effets foncièrement inéquitables, ce qui contrevient fondamentalement au principe démocratique d'une citoyenneté fondée sur l'égalité. La dynamique inhérente au capitalisme risque par ailleurs de donner lieu à la marchandisation à outrance de tous les aspects de la vie.

   Les sociaux-démocrates ont réagi à ce phénomène par l'affirmation de la primauté des institutions politiques démocratiques sur le marché. Oui à l'économie de marché, mais non à une société de marché. Nous avons insisté pour que le gouvernement intervienne directement afin de s'assurer que dans certains domaines, des politiques non fondées sur le marché corrigent les effets commerciaux et inéquitables des forces du marché. C'est un peu ce qui a donné naissance à l'État-providence fondé sur des droits sociaux universels. Contrairement aux libéraux et aux conservateurs qui défendent les vertus du libre marché et qui favorisent une aide gouvernementale et un filet de sécurité sociale réduits à leur plus simple expression pour les personnes « qui ne peuvent prendre soin d'elles-mêmes », les sociaux-démocrates ont considéré ces droits importants comme des droits humains que peuvent revendiquer l'ensemble des citoyens, au sens que donne à ces droits la Déclaration universelle. Au Canada, nous n'accordons pas les droits politiques et de la personne en regard des critères des ressources. Il devrait en aller ainsi du droit à la santé, à la formation universitaire ou aux soins à l'enfance. Après la Deuxième Guerre mondiale, il semblait y avoir un nouvel engagement national en faveur de l'inclusion d'un volet social dans la citoyenneté politique. Dans les années qui ont suivi, les Canadiens ont commencé pour la première fois à se décrire comme une collectivité nationale « de partage et de compassion ». Au cours des deux dernières décennies, le gouvernement fédéral et la plupart des gouvernements provinciaux ont abandonné cet engagement envers une plus grande égalité.

   Les quatre ateliers pléniers de la conférence n'ont pas pour but de traiter de façon exhaustive les questions importantes de l'heure qui préoccupent tous les Canadiens et toutes les Canadiennes. Ainsi, il n'y a pas d'atelier sur l'environnement, sur les questions autochtones ou sur un nouvel accord constitutionnel. De même, la mondialisation ne fait pas l'objet d'un atelier séparé. Ces sujets sont certes importants. Toutefois, les quatre thèmes prévus au programme se rapportent à des questions fondamentales. Peu importe ce que nous, en tant que sociaux-démocrates canadiens, décideront de faire à propos d'autres points importants, il m'apparaît d'abord nécessaire de les expliciter en nous efforçant de comprendre le rôle crucial de la citoyenneté démocratique, de l'égalité politique et sociale des membres de la collectivité. Nous devons par ailleurs soupeser les retombées décisives sur ces éléments et d'autres aspects de notre vie des décisions prises quant aux avantages et aux limites de l'économie fondée sur la concurrence, d'autant plus que nous amorçons une période sans précédent dans l'histoire d'un monde sans frontières commerciales.

   A n'en pas douter, la population canadienne se sent de plus en plus aliénée face aux décisions prises qui ont des incidences sur sa vie. Certaines décisions, en particulier dans le contexte de notre système électoral archaïque, n'ont pas les conséquences voulues dans la Chambre des communes. Des organisations internationales distantes prennent d'autres décisions qui ont d'importantes retombées. Les entreprises privées sont les principaux créateurs d'emploi et le principal foyer d'innovation économique. Elles ont un pouvoir national et international discrétionnaire tel dans la société que jamais Adam Smith ou John Locke n'aurait pu l'imaginer. Cet énorme pouvoir dépasse de beaucoup ce qu'une saine démocratie ne saurait tolérer. L'idée centrale de la citoyenneté politique démocratique repose sur les valeurs de la participation, de l'imputabilité et de la transparence. Au cours des deux prochains jours, nous devrons aborder des propositions concrètes dans le but de combler ces lacunes démocratiques qui nous affligent.

Les solutions aux problèmes causés par la globalisation de l'économie dans le Nord ou le Sud ne peuvent se trouver dans le statu quo économique ou le rejet du marché comme principal outil de développement économique. Il faudrait plutôt, ainsi que l'ont soutenu récemment deux grands chercheurs, s'efforcer de concilier davantage les marchés et une démocratie plus participative. L'économiste de Harvard Dani Rodrik a dit que les gouvernements nationaux devraient être en mesure de se désengager des obligations du commerce international dès lors que ces règles contreviennent à des normes et à des valeurs nationales très profondément ancrées. Le titulaire du prix Nobel d'économie Amartya Sen a émis une observation qui va dans le même sens, mais a élargi l'argument en faveur de l'intégration du principe démocratique. De fait, le développement social-démocrate déjà produit dans un grand nombre de pays démocratiques développés a permis d'établir plus d'égalité et de liberté pour un nombre sans précédent de populations dans l'histoire. Il faut approfondir ces valeurs social-démocrates au Canada et les élargir à l'ensemble des collectivités nationales.

Il faut rejeter d'emblée le néolibéralisme économique et le conservatisme institutionnel [..]. Pour réaliser pleinement l'égalité des citoyens au pays, il faut améliorer de façon substantielle nos droits politiques et nos droits sociaux et leur donner une plus grande consistance. Une réforme parlementaire et du système électoral s'impose sans détour. Nos villes ont besoin de nouveaux pouvoirs. Pour nous aider à façonner un monde plus humain, nous devons assurément être efficaces et soutenir le commerce. Il faut toutefois insister pour que la globalisation s'accompagne de règles qui favoriseront avant tout les droits humains et les besoins environnementaux des collectivités démocratiques par rapport aux droits à la propriété des entreprises fondés sur le commerce, advenant un conflit entre les deux types de droits. En 1982, le Parlement a rejeté des propositions d'inclure le droit à la propriété dans la constitution. Nous avons agi ainsi par crainte que cette inclusion n'entraîne des litiges qui pourraient mettre en danger les priorités sociales et environnementales fondamentales adoptées par les députés canadiens. Ce que nous avons de façon fort judicieuse rejeté pour le Canada en 1982 fait maintenant partie d'accords internationaux sur le commerce. Cet état de fait est absurde et antidémocratique et il faut le changer.

   Le mouvement pour une plus grande justice sociale a toujours découlé de l'interaction militante dans la société civile et des députés du parlement et d'autres institutions de l'État. En 1937, dans ma ville d'origine, à Oshawa, des syndicats industriels ont vu le jour au Canada grâce à une grève réussie amorcée par des travailleurs de la General Motors. La grève a reçu le soutien de pratiquement toute la collectivité et au bout du compte entraîné l'adoption de lois garantissant les droits des travailleurs et des travailleuses. La Loi constitutionnelle de 1982 contient des dispositions très précises qui protègent les droits des femmes et des Autochtones. Ce résultat a été le fruit de nombreux mois d'efforts de la part du NPD au Parlement, du mouvement de femmes et des chefs autochtones dans l'ensemble de la société civile. Pierre Elliott-Trudeau m'a dit en toute confidence et ultérieurement en public qu'au cours de cette période et plus tôt pendant le règne du gouvernement libéral minoritaire de 1972 à 1974, n'eût été la pression du NPD au Parlement, il n'aurait pu faire adopter par son cabinet et son caucus certaines de ces mesures.

Au cours des prochaines années, le changement du droit national et international sera le seul moyen de réaliser les importantes propositions de réforme nationale et internationale formulées le mois dernier au Sommet des peuples à Québec par les sociaux-démocrates, les groupes de droits de la personne, les groupes environnementaux, les groupes de lutte contre la pauvreté et les groupes de femmes. Ce changement ne pourra se produire au Canada par les simples manifestations dans la rue ou par la magie de bons arguments. Il ne sera possible que si les Libéraux constatent que les manifestations et les arguments invoqués sont directement soutenus par une perspective de défaite électorale. En 1945, Mackenzie King a amorcé la création de l'État-providence canadien. Ce n'est pas un hasard s'il a décidé d'agir ainsi uniquement après que le CCF ait pratiquement ravi tout l'Ontario en 1943, formé un gouvernement provincial en Saskatchewan en 1944 et se soit hissé en tête des sondages pour la première fois en 1945.

   En sa qualité de principal parti social-démocrate canadien, le NPD traverse maintenant une période grave mais néanmoins constructive de renouvellement. Ses membres peuvent être fiers à juste titre de la contribution du parti au Canada. Le parti a dorénavant besoin d'un nouveau programme et d'une structure réformée. Son engagement indéfectible envers le principe fondamental de l'égalité demeure cependant profondément ancré et constitue un phénomène unique dans les annales de la politique canadienne. Le parti a déjà accompli de grandes réalisations. Souhaitons-lui un avenir aussi fécond.

Aperçu des recherches des jeunes de la nouvelle société du mouvement

Une des voies partiellement incluables : la troisième voie

Les modèles démocrates de l'Alliance

Pourquoi les forces de la résistance ont du mal à récupérer et à se reconstituer

Les routes des idées neuves et de l'Histoire

Les premières idées de "troisième voie" par les existentialistes. L'inertie de la France à sortir des ornières jacobines.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

L’avenir de la social-démocratie au Canada/
The Future of Social Democracy in Canada

The Institute also hosted a second national conference in the Moot Court of the Faculty of Law, this one fully self-financed, with participation selected to provide a full spectrum of views and the thorough debate that MISC had experienced in earlier conferences. The Conference emerged virtually by accident when a Globe and Mail report on December 30, 2000 simply announced that the Institute would hold such an event. While an astonished Director proceeded to deny the report and seek out the sources, he was persuaded by a flood of e-mails awaiting his return from the holidays that such a conference might be highly educational. After three major setbacks in three federal elections, and decisive defeats in Ontario and subsequently in British Columbia, the NDP version of social democracy in Canada seemed to have a very questionable future. In January, the Director and Institute staff met with the Honourable Ed Broadbent, Bill Blaikie, M.P., Patrick Kerwin of the Canadian Labour Congress, and Professor Tessa Hebb of the Douglas-Coldwell Foundation, and launched a fund-raising campaign that eventually exceeded $100,000, chiefly from trade unions and foundations. Despite a heavy commitment to a Task Force on Corporate Accountability that he co-chaired with Avi Bennett, Mr. Broadbent also accepted a large commitment to organize the speakers and sessions. Four topics were addressed: political citizenship; the role and limitations of the market, local and global; social citizenship; and civil society, political parties, and grass roots activism.

McGill Institute for the Study of Canada
S e v e n t h A n n u a l R e p o r t
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NSD - NOUVELLE SOCIALE DEMOCRATIE LIBERATRICE ET POPULAIRE D'OUVERTURE. ENTRAIDE POUR UNE MEILLEURE CREATION DE TRAVAIL. ACTIONS POUR LA DEFENSE DES CITOYENS, DES MINORITES ET LE SOUTIEN AUX ENTREPRISES ! TOUS ENSEMBLE POUR LES NOUVELLES IDEES SOCIAL-DEMOCRATES DE SOCIETE ET LA DEFENSE DES LIBERTES. LUTTE CONTRE LES TENDANCES JACOBINES INHIBANT LES ENTREPRISES ET LES EFFORTS DE LA SOCIETE POUR CREER DU TRAVAIL. OUVERTURE AVEC LES ECONOMISTES SOCIAUX-DEMOCRATES. LA SOCIAL-DEMOCRATIE DONNE UNE CHANCE A TOUS.

Comment concilier davantage les marchés et une démocratie plus participative.

   Comme le fait remarquer Edward Broadbent (cf. discours d'ouverture), "de fait, le développement social-démocrate déjà produit dans un grand nombre de pays démocratiques développés a permis d'établir plus d'égalité et de liberté pour un nombre sans précédent de populations dans l'histoire".

  La liberté et l'égalité doivent également s'entendre comme liberté d'accès et égalité d'accès.

  "Pour nous aider à façonner un monde plus humain, nous devons assurément être efficaces et soutenir le commerce".

  Prenons l'exemple des universités privées. Si certains de leurs diplômes sont reconnus de meilleure qualité que les diplômes correspondants dans le secteur public, alors tout comme les éléves de parents riches sont admis à l'école publique pour la qualité d'autres diplômes, nous devons aider les élèves de parents pauvres à entrer à ces universités privées, notamment par des bourses. En aucun cas nous ne devons autoriser la création d'universités privées fermées tournant complètement le dos au secteur public (rejet du néolibéralisme économique et du conservatisme institutionnel).

   Par ailleurs les sociétés sociales-démocrates disent "oui à l'économie de marché, mais 'non' à une société de marché".

  C'est pourquoi les directeurs des universités privées ne devraient pas concevoir les futurs élèves comme de purs produits à valeur marchande, à l'entrée et à la sortie de leurs universités.

  Dans l'exemple précédent, nous devrons faire également inclure des clauses d'accès garanti pour un certain nombre d'élèves pauvres à un tarif moins élevé, en dehors des bourses accordées par l'état.

  En les faisant ainsi participerà la démarche sociale-démocrate générale de société nous suivrons également la ligne que "les solutions aux problèmes causés par la globalisation de l'économie dans le Nord ou le Sud ne peuvent se trouver dans le statu quo économique ou le rejet du marché comme principal outil de développement économique. Il faudrait plutôt, ainsi que l'ont soutenu récemment deux grands chercheurs, s'efforcer de concilier davantage les marchés et une démocratie plus participative".

 C'est avec ce type de programme que le NSD parviendra sans doute à être dans le sens de renouvellement des partis sociaux-démocrates, qui bien qu'ils puissent être fiers à juste titre de leur contribution à leur pays, "ont dorénavant besoin d'un nouveau programme et d'une structure réformée" capables de prendre en compte la variété des acteurs sociaux et sociétaux, des entreprises, et des activités, dont l'étude de cas résumé sur les universités dont nous avons parlé, n'est qu'un exemple.