Certains ouvrages récents soulèvent certains aspects occultés de l'historiographie révolutionnaire et incitent à la réflexion (cf. par ex. Historia - Janvier-février 2003).
   Par ailleurs, il est sans doute utile parfois de se replacer dans un contexte de pensée européenne, voire un peu 'anglo-saxonne' (le monde extérieur par rapport au monde clos franco-français) si l'on souhaite comprendre un peu mieux les choses.

  Les historiens attirent notre attention sur le fait que nous vivons sans doute exagérément toujours sur un vieux fond issu de la pensée jacobine. Si nous nous écartions pour une fois de ces ornières rebattues pour réfléchir d'un oeil extérieur, il se pourrait que nous découvrions un jour que rien de ce qui a été produit depuis deux siècles n'ait été écrit d'une autre écriture que jacobine; mais attention ici, on peut facilement se tromper sur l'origine ou les fauteurs de troubles.

  Dale K. Van Kley, professeur d'histoire moderne à l'Université de l'Etat d'Ohio, lui-même de confession protestante, démontre de façon très solidement argumentée dans son ouvrage "Les origines religieuses de la Révolution Française 1560-1791" (Seuil - 2003), la filiation historique et théologico-politique entre le catholicisme et la Révolution.

  Se rappelle-t-on encore que la Révolution Française était farouchement anticatholique?

  "La parenté historique ne fut reconnue ni par les catholiques ni par les révolutionnaires. Cette surprenante parenté apparaît en premier lieu dans la déchristianisation menée par la Révolution, attitude qui selon l'auteur et selon M.P. durant l'été 2002, ressemble en partie à celle de la Réforme calviniste française, deux siècles plus tôt. Elle se trahit de même dans le caractère liturgique du cérémonial révolutionnaire et dans l'abondante littérature politique".
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Où le bât blesse "c'est que le club des Jacobins, après son accaparement de la révolution française, a bientôt étouffé le chemin tracé par les réformateurs qui auraient pu donner naissance à un christianisme moderne, et que pris à leurs propres pièges diabolisants ils se sont finalement fourvoyés en s'attaquant à une des seules de leurs créatures qui aurait pu les sauver, l'Eglise constitutionnelle, qui aurait pu être non manichéiste et contrebalancer ainsi les puissances manichéistes étrangères se basant sur l'Ancien testament. En refusant une réforme mentale approfondie (ce qui a mené à toutes les déviations: esclavagisme, colonialisme, tortures, déportations, collaboration, etc.), ils se sont coupés à jamais de la possibilité d'une posture et d'une assise spirituelle minimum qui aurait pu mener à une troisième voie politique". Cette approche relativise donc le point de vue jusque là diffus selon lequel l'Eglise aurait torpillé les efforts de la Révolution. Cette attitude courante jusqu'à récemment, revenait en fait à la négation de la Révolution Française en tant qu'acteur responsable, en ne décrivant pas tous les rôles.

   D'un point de vue de civilisations comparées quasi-psychanalytique auquel les historiens sont parfois obligés, il faut resituer les faits: le club des Jacobins a commis ni plus ni moins que le meurtre originel des citoyennes et des citoyens. Et les erreurs de la Révolution par rapport à la religion - malgré tous ses aspects positifs - font qu'elle n'a pu régler tous les problèmes. Dès lors les pères fondateurs de la Révolution n'ont pu transmettre aux Républiques descendantes que cet héritage à un enfant privé de repères.

L'Alliance préfère donc ces nouvelles approches qui ont le mérite de replacer les éléments et les événements historiques dans une perspective contextuelle réciproque, des uns et des autres. On comprend également dès lors, que la République n'ait jamais pu vraiment comprendre ce que pourrait être une troisième voie sociale et économique libérante non uniquement de droite ou de gauche. Tout cela par la faute de pouvoir se libérer du Jacobinisme fondateur.

 On comprend aussi pourquoi certains milieux francistes (tendance fasciste comme les néo-hitlériens manipulateurs universels), soutiennent qu'ils parlent de la France alors qu'ils nient la Chrétienté, l'Humanité et prônent le retour à des valeurs ignobles comme le massacre des enfants, le racisme et l'élection de la race blanche, etc.. Tout cela est tout à fait naturel dans un contexte de Robespierrisme qui n'a pas été oublié. Rappellons nous qu'à l'époque de la Terreur, la société française était littéralement "terrorisée" et n'osait plus respirer. Résumant par exemple l'ensemble des opérations du jour de l'éxécution de Louis XVI, un chroniqueur du temps écrit: "La Garde Nationale mobilisée tout entière, les patriotes contrôlaient aisément tous les suspects. Qui n'était pas à son rang, se désignait par là même comme contre-Révolutionnaire. Bien des Parisiens hostiles à la mort du roi furent ainsi obligés de monter la garde ...". Il semble que durant ces jours-là on ait assisté à des comportements tellement pires que les quelques exactions lors des mouvements de libération de la planète (en commençant par le tiers-monde).

Le problème est que la société française du début du 21e siècle - après 2 siècles d'atermoiements des républiques successives - est peut être justement malade de ces problèmes jamais reconnus (ce que l'on a le droit de faire et de ne pas faire par rapport à sa région, à son ethnie, à sa religion, etc..). Le vichysme rémanent n'est que l'un des nombreux infantilismes que la république (jacobine) nourrit et perpétue durant des dizaines d'années avant de passer à un autre, faute de pouvoir régler les problèmes d'origine. Il est reconnaissable que ces problèmes existent dans la république, aussi bien par les français de France que par les peuples du tiers-monde qui ont eu a souffrir à une époque ou à une autre de l'empreinte des colonisateurs jacobins (cf. colonisations).

  L'alliance est ainsi ipso facto globalement représentatrice des minorités régionales et nouvelles massacrées par le jacobinisme, et du tiers-mondisme, par son attitude critique à l'égard de la (soi-disant) révolution jacobine française et de ses aspects noirs non représentatifs de la légitimité de l'Humanité et du Tiers-Monde. Bien entendu ces études historico-critiques et diachroniques remettent la république jacobine à sa juste place pour un rôle quelque part de religion usurpée (religion de massacres), à part et en dehors de l'univers des Révolutions. Les opposants farouches de l'alliance, comme les néo-fascistes, ne reconnaissent pas que par leurs soi-disant objections, ils montrent qu'ils sont les purs continuateurs de ceux qui ont récupéré, dévoyé et trahi la Révolution Française, nous voulons dire à l'origine les robespierriens (leurs ancêtres, eux les jacobins des 2 siècles suivants). Avons-nous besoin de passer par l'étude des limites éventuelles des signes expressifs d'amitié de la Révolution Française (c'est la thèse de défense des jacobins. Lire entre les lignes .. racisme) ? Nous souhaitons quant à nous que les enfants de langue française puissent un jour s'intégrer dans le monde et retrouver leurs places d'écoliers parmi les autres écoliers du Tiers-Monde. Il semble qu'un lent travail de relecture de l'Histoire soit à l'oeuvre parmi les jeunes générations d'historiens d'aujourd'hui. La réassimilation et la distanciation par rapport à la pensée des jacobins tueurs de leurs frères et soeurs, les autres jeunes des pays en voie de développement, est en train de s'opérer lentement.

Note: le club des jacobins (auquel appartenait Robespierre) était à l'origine un club élitiste à l'adhésion onéreuse: 25 livres par an. L'héritage politique est sans doute encore plus présent que l'héritage culturel (pour les raisons évoquées ci-dessus): "le jacobinisme, plus de deux siècles après, continue d'être un sujet de débats très vifs. C'est notamment le cas dans l'actuelle majorité, avec Jean-Louis Debré, président de l'Assemblée Nationale, qui a émis des réserves sur le projet de décentralisation du gouvernement Rafarin. Comme ce fut le cas dans l'ancienne, avec l'opposition de Chevènement envers le projet de Jospin sur le statut de la Corse".
  Mais du point de vue de l'alliance, c'est un mouvement de 'réactionnaires' complètement dépassé, qui ne comprend plus rien à l'Europe ni au monde (qui ne veulent qu'une France qui ne peut pas exister et dont tous les citoyens comprennent que cette France-là, raciste, vichyste, massacreuse, n'a plus de pouvoir, réellement sur le terrain, contrairement à la propagande de la télévision).

Aperçus de l'histoire de la résistance francophone exilée
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Le non destin des assassins - Les difficultés des civilisations à se reconnaitre comme meurtrières quand elles le sont

De la simplicité et de la pénitence. Des nécessités
L'histoire européenne
Le non-destin des assassins
L'opposition acharnée de la part des effroyables manichéistes
La survivance possible uniquement des templiers repentis