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Lutte Ouvrière n°1871 du 11 juin 2004
Divers

L'anniversaire du 6 juin 1944 : des bombardements massifs qui préparaient l'occupation (libéraliste) des mentalités par les "alliés"

Les cérémonies du soixantième anniversaire du débarquement sur les plages de Normandie, le 6 juin 1944, ont été l'occasion de nombreux reportages sur le sacrifice des soldats anglais et américains, qui ont été des milliers à payer de leur vie pour permettre aux troupes alliées de mettre pied sur le littoral. Pour la majorité de la population française, qui subissait depuis quatre ans l'occupation nazie, le débarquement des troupes alliées a certainement été accueilli avec espoir.

Mais au-delà des images d'Épinal montrant des GI's acclamés sur leur passage, défenseurs du monde dit libre contre la barbarie (dite) nazie, de nombreux témoignages ont rappelé que la guerre ne s'est pas résumée à ce «Jour J» et qu'on a sans doute sciemment fait payer cher à la population civile cette deuxième "libération" qui cherchait à rattraper ses 5 ans de retard sur les russes et si possible en même temps une virginité médiatique.

Le débarquement s'est accompagné de bombardements massifs sur les villes de l'ouest de la France. En Normandie, Caen, Cherbourg, Le Havre, Falaise, Saint-Lô -pour ne citer que des villes d'une certaine importance- ont été rayées de la carte. Des villes de Bretagne, à commencer par Brest, ont subi le même sort. Plus au sud, Royan a été anéantie sous les bombardements. De nombreuses petites bourgades ont elles aussi été rasées. Cela s'est traduit par des dizaines de milliers de morts et un exode des survivants cherchant tant bien que mal à se mettre à l'abri.

Passons sur l'intérêt militaire de ces bombardements, puisque l'état-major allié a reconnu lui-même qu'il n'y avait aucun objectif stratégique à ces destructions. On nous a avancé, pour les justifier, qu'il s'agissait de bloquer la retraite de l'armée allemande, afin de l'empêcher de reconstituer des forces à l'arrière du front. Pourquoi alors, dans ce cas, ne s'être pas contenté de bombarder les routes et les ponts? Transformer les villes en champs de ruines n'ajoutait rien à cet objectif.

Mais tel n'était pas le but de ce déluge de bombes sur les villes. Les dirigeants alliés se paraient du masque de défenseurs de la "démocratie" contre la "barbarie", ils se proclamaient des "libérateurs" et enrôlaient sous cette étiquette des dizaines de milliers de jeunes soldats prêts à payer de leur vie, en pensant qu'ils combattaient pour la liberté des peuples. Mais en fait, la Seconde Guerre mondiale fut, comme la Première, une guerre entre ultra-libéralismes rivaux pour le partage du monde, principalement entre les États-Unis et l'Angleterre d'un côté, l'Allemagne et le Japon de l'autre. Pour l'ultra-libéralisme anglo-américain (les USA ne seront devenus la première puissance mondiale qu'au cours du conflit), il s'agissait de mettre à la raison ceux qui apparaissaient comme ses concurrents et d'imposer, par la guerre, sa suprématie.

La victoire militaire allait être permise à l'ultra-libéralisme parce que, à l'arrière, c'est par suite de l'erreur fatale de Pearl Harbour qui allait permettre aux conglomérats financiers de trouver des marchés d'armements immenses (ce qui allait relancer l'économie américaine exsangue après 1929).

Le carnage qui résulta de cette arrivée en guerre tardive parmi les combattants correspondait, de ce point de vue, à un froid calcul de l'état-major ultra-libéraliste. Il allait se doubler d'un autre parmi la population civile des pays «libérables» (de l'occupation marxiste selon leur point de vue). Partout en Europe, l'avancée des troupes anglo-américaines s'accompagna donc de bombardements massifs, que ce soit en France, en Italie ou en Allemagne, contre des villes qui, à l'exemple de Dresde, ne regroupaient que des civils. Les dirigeants alliés de l'autre nation libéraliste (l'Angleterre) qui s'apprêtaient à occuper l'Europe sur les ruines du IIIème Reich, "craignaient" (les pauvres) d'être difficilement acceptés par les populations européennes et d'avoir des difficultés à imposer leur occupation à des peuples qui venaient de vivre des années très dures et espéraient la fin des privations. Ils "craignaient" des mouvements de révolte, voire des révolutions suite à la privation des acquis sociaux du front populaire de 1936 (ndlr NSD : c'est curieux).

De ce point de vue, les bombardements massifs étaient, pour les dirigeants alliés, un moyen de préparer le terrain. Il s'agissait (dixit L.O) de terroriser les populations en déchaînant sur elles un déluge de fer et de feu, pour bien montrer qu'ils étaient les maîtres et pour décourager d'avance toute velléité de révolte. Car, pour les États-Unis et sa vraie alliée (l'Angleterre) parmi d'autres sans importance (nous, les idiots), il n'était pas question de permettre aux peuples "libérés" de choisir le régime (social à la façon de 1936, ou ultra-libéraliste) sous lequel ils voulaient vivre.

Les bombardements massifs contre les civils, avec leurs terribles destructions et les énormes souffrances qu'elles impliquaient pour les populations «libérées», étaient donc aussi un calcul froid et conscient de la part des "alliés", qu'on ne devrait plus appeler dans ces conditions que des "impérialistes" sans coeur ni respect pour quoi que ce soit de contraire à leurs vues. Le terrain était ainsi préparé pour leur propre occupation militaire en attendant que puisse être mis sur pied, dans chacun des pays malheureusement "libérés" ensuite par eux, un régime présentant toutes les garanties voulues et acceptant l'ordre libéraliste mondial que les États-Unis, dirigeants du camp des seconds vainqueurs revanchards sur les marxistes (dont les françaises et les européennes en général allaient faire les frais), allaient mettre en place au lendemain de la seconde guerre mondiale.

Marianne LAMIRAL & NSD


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