Eléments de réflexion
  Article "La modernisation en Asie et les défis de l’évangélisation"
        Joseph Dinh Duc Dao

   Quiconque se rend dans les pays asiatiques est impressionné par la présence massive des signes de la modernité. Partout dans ces pays, en particulier dans les grandes villes, on trouve presque toutes les expressions de la vie moderne que l’on connaît dans les pays industrialisés d’Europe et d’Amérique du Nord : l’organisation de la société, les services publics, le style de vie des gens, les supermarchés, les moyens de transport et de communication sociale, les objets domestiques... avec pour seule différence les noms des marques : au lieu de Fiat, Philips, Volkswagen, Ford..., nous trouvons Toyota, Sony, Casio, Samsung... Or, ce phénomène de modernisation exerce une grande influence sur la vie des gens et la transforme, posant de nouvelles questions à caractère humain, moral et spirituel. Voilà pourquoi l’Eglise, dans sa mission d’annoncer l’Evangile aux peuples, doit scruter attentivement sa véritable signification et ses caractéristiques pour proposer le message d’une manière appropriée.

   Dans la géographie ecclésiastique, l’Asie est subdivisée en 4 régions (1) : l’Asie du Sud-Ouest qui comprend l’Arabie Saoudite, Chypre, la Jordanie, l’Irak, Israël, le Koweït, le Liban, la Palestine, la Syrie, la Turquie et le Yémen; l’Asie du Sud qui comprend l’Afghanistan, le Bangladesh, l’Inde, l’Iran, le Népal, le Pakistan et le Sri Lanka; l’Asie de l’Est qui comprend la Chine continentale, la Chine Taiwan, la Corée, le Japon, Hong Kong, Macao, la Mongolie et Sahariennes; l’Asie du Sud-Est qui comprend la Birmanie (Myanmar), le Cambodge, les Philippines, l’Indonésie, le Laos, la Malaisie, Singapour, la Thaïlande, le Vietnam.

   Un regard attentif porté à la carte géographique permet de constater que l’Asie se présente comme une réalité complexe et diversifiée. Cependant, sous ces diversités, il existe de nombreux aspects communs, comme par exemple les inclinations mentales, la sensibilité au mystère, l’attention accordée aux valeurs humaines, le sens de l’harmonie, la valeur fondamentale de la famille... (2). Ces éléments communs à caractère culturel des pays asiatiques, ajoutés à la proximité géographique qui favorise les influences réciproques, permettent et même exigent une réflexion globale au niveau continental.
 

1. Les raisons profondes du processus de modernisation en Asie et les défis qu’elles lancent à l’évangélisation

   Au niveau des manifestations externes, le phénomène de la modernisation en Asie ne semble pas très différent du phénomène qui s’est produit en Occident. La différence, si elle existe, concerne plutôt l’intensité des manifestations. Toutefois, au niveau profond des motifs et des significations, la modernisation en Asie est très différente de la modernisation en Occident. C’est précisément là que réside l’élément déterminant car ce ne sont pas tant les manifestations externes qui caractérisent un phénomène, mais bien les motifs et les significations qui sont à l’origine de ce phénomène. Par conséquent, pour être efficace, l’action évangélisatrice doit atteindre le niveau profond des raisons et des significations pour les éclairer, les apprécier ou les transformer.

   En Occident, la modernisation est le fruit ou la conséquence d’un mouvement culturel, connu sous le nom de modernisme et qui consiste "dans l’affirmation de l’autonomie absolue de la raison, dans le domaine religieux comme ailleurs. Il s’agissait d’une tentative d’émancipation vis-à-vis de l’autorité de l’Eglise; cela signifiait aussi, sous sa forme extrême, le refus de pénétrer au- delà des simples phénomènes ou de reconnaître l’aspect transcendant de la réalité" (3). En ce sens, la modernisation et le développement de la technologie et la richesse matérielle en Occident sont un fruit de l’application de la raison. En outre, naissant du mouvement de modernisme, la modernisation en Occident comporte également un caractère antireligieux qui, dans le contexte de l’Europe, signifie nécessairement antichrétien et anticlérical.

   En Asie, le motif déterminant, qui fonctionne d’une certaine façon comme un moteur entraînant tout le processus de modernisation, n’est pas la nécessité d’affirmer l’autonomie de la raison face à la religion ou face à une autorité religieuse, mais le besoin de vaincre la pauvreté, ainsi que le profond désir de retrouver la dignité et de forcer le respect. Ces exigences se font d’autant plus sentir, mais pas uniquement, dans le contexte de la colonisation et de la guerre d’indépendance. Par conséquent, à la différence de ce qui se passe en Occident, où la modernisation est le corollaire d’un mouvement culturel qui naît du dedans d’un peuple, en Asie la modernisation est un phénomène qui provient du dehors et qui est accepté ou recherché comme un moyen pour résoudre le problème de la pauvreté et pour se faire respecter. En ce sens, la modernisation n’est pas considérée comme un danger mais comme une source d’espérance et, de plus, elle ne comporte pas de signification antichrétienne.

   Pauvreté : la première raison du processus de modernisation en Asie est la pauvreté. En 1970, les évêques asiatiques réunis à Manille avaient déjà dépeint l’Asie comme "un visage largement marqué par la pauvreté, par la malnutrition et par les maladies; un visage blessé par les guerres et les souffrances, perturbé et inquiet" (4). Actuellement la situation n’est pas moins critique. Un indicateur communément utilisé pour connaître le niveau de vie d’un peuple est le produit national brut ou PNB, c’est-à-dire l’ensemble de toutes les marchandises et de tous les services produits en une année. Je rapporte ici le PNB de quelques pays (5) : Bangladesh : Pop. : 122 026 000; PNB/H : 183 $ US - Cambodge : Pop. : 7 464 000; PNB/H : 84 $ US - Chine : Pop. : 1 188 629 000; PNB/H : 417 $ US - Corée du Sud : Pop. : 43 827 000; PNB/H : 5, 155 $ US - Philippines : Pop. : 68 550 000; PNB/H : 650 $ US - Japon : Pop. 125 011 000; PNB/H : 25 469 $ US - Hong Kong : Pop. 5 926 000; PNB/H : 11,640 $ US - Inde : Pop. 899 586 000; PNB/H : 369 $ US - Indonésie : Pop. : 200 591 000; PNB/H : 489 $ US - Pakistan : Pop. : 123 438 000; PNB/H : 386 $ US - Singapour : Pop. : 2 828 000; PNB/H : 11 656 $ US - Taiwan : Pop. : 21 116 000; PNB/H : 7,067 $ US - Thaïlande : Pop. : 58 416 000; PNB/H : 1 270 $ US - Vietnam : Pop. : 70 436 000; PNB/H : 245 $ US.

   Pour se faire une idée plus précise de la situation de l’Asie il est bon de pouvoir la comparer avec plusieurs pays riches du monde occidental : Etats-Unis : Pop. 256 558 000; PNB/H : 22 049 $ US - Canada : Pop. : 27 429 000; PNB/H : 19 934 $ US - Allemagne (6) : Pop. : 79 978 000; PNB/H : 18 625 $ US - France : Pop. 57 050 000; PNB/H : 18 291 $ US - Italie : Pop. : 58 003 000; PNB/H : 15 703 $ US.

   Comme le révèlent ces statistiques, à l’exception de quelques pays peu peuplés qui ont une capacité de production voisine (dans le cas du Japon, elle est même supérieure) aux pays industrialisés de l’Occident, le reste des pays asiatiques demeurent largement en arrière. Si l’on prend l’Italie comme point de référence, nous remarquons qu’en un an, un Italien gagne en moyenne 15 703 dollars, un Bangladeshi gagne 183 dollars, un Cambodgien 84 dollars, un Chinois (de Chine communiste) 417 dollars, un Indien 369 dollars, etc...

   Mais la situation est en fait beaucoup plus grave de ce que les chiffres laissent transparaître, et ce pour deux raisons. Avant tout, les chiffres présentent une moyenne pro capite, sans indiquer comment les gains sont distribués. Or, c’est précisément là que réside un des problèmes sociaux les plus graves de la majeure partie de l’Asie, à savoir l’inégalité entre les groupes et les classes sociales. Très souvent, la majeure partie de la richesse d’un pays est concentrée dans les mains de quelques-uns et, par conséquent, le pays pourrait être riche, mais les gens extrêmement pauvres. Il suffit de penser aux deux pays les plus peuplés : la Chine et l’Inde. Alors que la population des pays européens tourne autour des 60 millions d’habitants, la Chine en compte plus d’un milliard et l’Inde près de 900 millions. Face à ces masses humaines, les différents pays européens apparaissent comme une goutte d’eau dans l’océan.

   Cependant, la pauvreté en Asie n’est pas un problème nouveau mais très ancien et les gens souffrent non seulement de pauvreté mais aussi, dans de nombreux cas, il faut parler de misère. La nouveauté consiste dans le fait que, par le passé, les gens acceptaient la situation avec résignation, comme quelque chose d’inévitable. Aujourd’hui, en revanche, avant le sens d’espérance très vif que suscite la modernisation, ils refusent de se résigner. Pour les gens, la possibilité de vaincre la pauvreté et de bénéficier du confort de la richesse n’est plus une théorie, mais une réalité concrète de la vie des Occidentaux dont ils sont venus à connaissance à travers les contacts directs ou par la presse, le cinéma et la télévision. La modernisation a diffusé dans le coeur des masses un vent d’espérance, mais aussi d’impatience.

   Dignité et respect : la seconde raison qui pousse le processus de modernisation en Asie est le désir profond de dignité et de respect. Ce désir ne fait que s’accroître parce que les peuples asiatiques ont pris conscience de leur passé de peuples dominés et de la situation de faiblesse, de dépendance et d’infériorité qui est la leur sur la scène internationale. De fait, on relève parmi les gens une profonde aspiration à une vie plus vraie et plus digne de l’homme; ils aspirent à plus de liberté, de dignité, d’acceptation et de respect (7). Mais dans ce monde, pour être accepté, respecté des autres et traité comme les autres, il faut avoir ce que les autres ont (8); il faut être riche ou du moins sembler riche pour être respecté. Cette logique s’applique aussi bien à la vie des individus qu’à celle des nations.

   Cette aspiration profonde s’exprime parfois par des attitudes que ceux qui ne les partagent pas peuvent avoir du mal à comprendre. Beaucoup de familles pauvres, par exemples les réfugiés qui viennent dans les pays riches, achètent tout de suite une grande télévision, un réfrigérateur de première qualité et une belle voiture de luxe que leurs bienfaiteurs ne peuvent pas se permettre. Ils sont alors critiqués parce qu’ils ne savent pas bien gérer leur argent, parce qu’ils courent vers la consommation ou parce qu’ils sont irresponsables... Et pourtant cette façon de faire n’a rien à voir avec la consommation pure et simple ou avec un manque de responsabilité, mais c’est la voie la plus courte pour gagner une dignité. La télévision et la voiture de luxe sont des moyens de montrer leur capacité et donc de se faire respecter. Cette voie est erronée, mais il faut en comprendre la raison profonde et la respecter. Celui qui se noie s’agrippe à tout ce qui peut ressembler un gilet de sauvetage.

   Dans les deux cas, la modernisation est considérée avec confiance comme un moyen capable de résoudre un problème qui préoccupe l’esprit des gens et de répondre à leurs aspirations profondes. Dans presque tous les pays, la modernisation devient l’objet principal des projets gouvernementaux et est accueillie par les gens comme une source de salut pour laquelle ils sont prêts à sacrifier ou simplement à abandonner jusqu’aux valeurs humaines, morales et spirituelles telles que la famille, la justice, la religion, la fidélité, l’honnêteté... C’est dans ce climat que la prostitution étend ses ravages; les activités commerciales illicites sont considérées avec une certaine indifférence morale ou acceptées comme naturelles et les relations humaines sont souvent conçues en termes d’intérêt et de profit matériel. Dans bien des cas, les aspirations profondes du coeur et de l’esprit humain sont étouffées et les gens s’arrêtent simplement à l’expression superficielle du désir de la richesse et du confort.

   Cette situation et surtout cet état d’esprit apparaissent véritablement comme un défi pour la mission de l’Eglise et, par conséquent, il faut nous demander : comment mener à bien l’évangélisation?

   Pour être efficace, l’action évangélisatrice doit rencontrer les gens dans la situation concrète de leur vie. Pour un pauvre, le langage compréhensible et efficace est certainement la charité effective qui répond à ses besoins concrets. Voilà pourquoi les activités missionnaires, en Asie comme dans le reste du monde, s’expriment très souvent à travers des oeuvres de charité et de promotion humaine. C’est aussi pourquoi l’Encyclique Redemptoris Missio a fait observer qu’aujourd’hui "plus que dans le passé, les missionnaires sont aussi des promoteurs du développement et ils admirent les remarquables résultats obtenus avec très peu de moyens" (RM 58).

   Toutefois, il ne faut pas oublier le revers de la médaille. Le progrès matériel et la richesse n’édifient pas toujours les gens; au contraire, très souvent ils sont la cause de dégradations humaines et morales. La charité qui se traduit en aide n’est pas toujours édifiante non plus. Nous pouvons trouver une explication de l’ambiguïté de la charité ou plutôt de l’effet de la charité exprimée comme aide matérielle dans un témoignage du Père Jacques Dournes, missionnaire parmi les Jarais au Vietnam : "Donnez-leur à manger et ils se disputeront et, à cause de ça, ils se comporteront comme des animaux. Mais un véritable amour pour les pauvres saura leur demander un geste de charité et il y a des pauvres qui n’ont besoin que de cela pour devenir riches. Tant que je leur ai donné des couvertures, je n’ai vu que des gens envieux et insatisfaits. Mais quand je prêchais la pénitence, j’ai vu des yeux qui brillaient et j’ai connu des païens qui pleuraient lorsque je leur ai lu l’histoire de la Passion" (9).

   Il ne faut pas s’étonner si Jésus, après avoir multiplié le pain pour nourrir les gens, a fui parce que les gens, rassasiés de son pain, voulaient le faire roi, et s’il leur dit lorsqu’ils le trouvèrent : "Vous me cherchez, non pas parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé du pain et avez été rassasiés. Travaillez, non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle" (Jn 6, 26-29; cf. Jn 6, 1-15.22-29).

   En outre, dans le contexte de la sensibilité culturelle de l’Asie, la charité à elle seule n’est pas toujours un langage efficace pour transmettre le mystère de Dieu. En effet, les oeuvres de charité de l’Eglise sont perçues de façon différente en Asie. Certains les considèrent nettement positives (10), tandis que pour d’autres l’Eglise, précisément à cause de ses oeuvres de charité, apparaît comme une religion "mondaine", superficielle et externe car, à leur avis, il manque à l’Eglise toute la dimension contemplative et mystique (11).

   Tous les gestes ne charité ne peuvent pas atteindre le coeur de l’autre et ne peuvent transmettre le sens de Dieu. Pour être capable d’édifier le coeur de l’autre et de transmettre le sens du divin, le geste de charité doit être pur et doit naître de la charité de Dieu qui requiert un coeur contemplatif. Dans la contemplation, le coeur est purifié des sentiments égoïstes, des intérêts cachés... et les oeuvres de charité peuvent alors laisser transparaître le coeur de Dieu. Il s’agit de la charité qui naît de la contemplation ou, en d’autres termes, c’est la contemplation qui déborde en charité, réalisant ainsi d’une manière harmonieuse le double commandement de l’amour : aimer Dieu de tout son coeur, de toute son âme et de toutes ses forces et aimer son prochain comme le Christ l’aime.
 

2. Le contexte de la modernisation en Asie: rencontre et opposition des cultures et défis pour l’évangélisation

   La modernisation n’est pas un phénomène qui naît des cultures des peuples asiatiques, mais qui est apportée ou importée par l’Occident. La modernisation se réalise donc dans le contexte de la rencontre entre les cultures locales asiatiques et la culture moderne de l’Occident. Dans l’histoire, les rencontres entre les cultures n’ont pas toujours été pacifiques; elles ont même souvent constitué des motifs de division et de conflits à cause de leur diversité et, parfois, de l’opposition de leurs valeurs ou de leurs systèmes de valeurs, et à cause de la différence des comportements adoptés par les personnes vis-à-vis de la nouvelle culture.

   Face à la culture techno-scientifique venue d’Occident, les attitudes des Asiatiques ne sont pas uniformes, mais elles ont été et demeurent diversifiées et même souvent contradictoires et opposées. On peut parler de quatre attitudes principales :

   La première attitude est celle qui refuse catégoriquement son passé et son héritage culturel pour accueillir, sans discernement, la culture technologique de l’Occident. Cette volonté de rompre avec le passé et d’effacer le patrimoine culturel a été exprimée par Sjahrir, un révolutionnaire socialiste indonésien, en termes décisifs : "Nous devons étendre et intensifier la vie, cultiver et perfectionner le but vers lequel nous tendons. C’est ce que l’Occident nous a enseigné et c’est que j’admire dans l’Occident, malgré sa brutalité et sa vulgarité. Je serais prêt à accepter cette brutalité et cette vulgarité comme conséquences de la nouvelle conception de la vie que l’Occident nous a enseignée. Je serais prêt à accepter aussi le capitalisme plutôt que la fameuse sagesse et religion de l’Orient. Car c’est précisément cette sagesse et cette religion qui nous ont rendus incapables de comprendre que nous sommes tombés au niveau le plus bas auquel un homme puisse tomber, à savoir que nous sommes tombés en esclavage" (12).

   Une attitude semblable est exprimée par Emmanuel Pelaez, ancien Vice-Président des Philippines, dans son discours d’ouverture d’un congrès des journalistes : "Aujourd’hui, nous, les Asiatiques, nous devons reconnaître que le cri de guerre doit être ‘changement et davantage de changement et encore plus de changement’. Nous devons, par vos idées, vos pensées, vos plumes, vos écrits, inciter nos peuples à rompre les formidables murailles de la tradition qui ont emprisonné l’esprit des gens. Nous devons bâtir de nouvelles attitudes, de nouvelles approches, de nouvelles valeurs, une nouvelle structure globale de la société qui donnera à nos peuples la vie décente qu’ils méritent" (13).

   Cependant le patrimoine culturel (tradition, histoire) ne peut être si facilement rejeté, parce qu’il fait partie de la personnalité de l’homme, en tant qu’individu et en tant que groupe, et il coule avec le sang dans ses veines. Le patrimoine culturel se développe et se transforme, mais il ne peut être nié en bloc. Les personnes (individus et peuples) qui nient leur passé sont comme un édifice sans fondation et deviennent instables, mélancoliques et agressifs.

   Il existe une deuxième attitude qui cherche à conserver sa culture tout en acceptant la nouvelle culture sans être capable de les unis de façon harmonieuse en une réalité organique. En conséquence, la personne est mélancolique au niveau de ses sentiments, incertaine, contradictoire et ambiguë au niveau de ses choix. L’expérience d’un autre Asiatique, Jawaharlal Nehru, nous fournit une explication : "Je suis devenu un mélange de l’Orient et de l’Occident... Sans doute mes idées et mon approche de la vie sont-elles plus proches de l’Occident que de l’Orient, toutefois l’Inde demeure en moi d’innombrables manières... Une certaine partie de mon inconscient conserve la mémoire de centaines de générations de Brahman" (14).

   La troisième attitude est celle qui refuse radicalement la culture moderne représentée par les Occidentaux avec lesquels elle est entrée en contact. Cette attitude s’exprime sous les différentes formes du nationalisme radical qui s’exprime dans les réactions agressives et dans les choix politiques violents de fermeture et de refus de l’Occident, en s’appuyant sur une idéologie (15) ou sur une religion traditionnelle. Samedi 23 novembre 1996, le journal radio de RAI I, en Italie, a donné la nouvelle que les groupes féministes et hindous traditionalistes en Inde menaçaient de se suicider collectivement pour protester contre le concours de beauté organisé à New Delhi parce qu’ils y voyaient l’importation d’une culture qui offense la culture traditionnelle hindoue de l’Inde.

   Enfin, il existe une quatrième attitude que l’on pourrait qualifier d’attitude d’égarement. Il s’agit des personnes qui ne sont pas capables de choisir entre une culture ou l’autre, à cause de l’ambiguïté des deux. Cette attitude d’égarement s’exprime à la fois dans le domaine moral et spirituel et dans les choix pratiques de l’existence.

   Ces diverses attitudes causées ou accompagnées par le processus de modernisation ont créé une situation complexe et aiguë de conflit qui se manifeste dans une triple direction :

- Le refus de l’Occident qui s’exprime à travers un nationalisme radical et agressif que conduit à la fermeture totale à l’égard de toutes les expressions étrangères.

- Le conflit entre les personnes, les générations et les groupes du même pays. Les uns acceptent sans réserve la culture moderne, refusant leur patrimoine culturel; les autres défendent leur propre culture, refusant toute trace d’une autre culture : les deux feront des choix concrets très différents et opposés dans la vie privée comme dans les activités publiques.

- Le conflit interne dans l’intériorité d’une même personne. La double attitude, refus et acceptation de la culture traditionnelle et moderne, se retrouve à l’intérieur même de la personne, car pour certains aspects de sa vie, elle suit une culture, tandis que pour d’autres, elle suit l’autre. Nous pouvons rappeler l’expérience de Nehru citée plus haut. Cette situation crée des incertitudes pour la personne et des confusions dans la vie privée et publique et dans les relations humaines.

   A cause de ce triple conflit, l’Asie, qui est considérée comme un continent d’harmonie, a été le théâtre, au cours de ces derniers siècles, de tensions, de divisions, de luttes et de guerres entre nations, entre groupes et entre générations, ainsi qu’au- dedans même du coeur de l’individu. Le problème est tellement aigu qu’il a créé un climat de conflit général qui menace sérieusement de détruite le tissu des nations (16). le problème est très grave si l’on considère le fait que ces situations de violence et de conflits ont pénétré dans le coeur des populations qui, par leur culture, ont toujours cultivé le sens de l’harmonie et de la paix, même dans un pays comme l’Inde où la mémoire de Gandhi, le père de la non-violence, est encore vive.

   Cette situation représente précisément un autre défi pour la mission de l’Eglise et on se demande sur quoi doivent porter les efforts précis de l’Eglise? Une réponse a été fournie par la Vème Assemblée plénière de la FABC (17) de 1990 à Bandung (Indonésie) dans son document final: "Dans une Asie marquée par la diversité et frappée par les conflits, l’Eglise doit être, d’une manière particulière, un sacrement, signe visible et instrument, d’unité et d’harmonie" (18).

   L’indication donnée par la FABC est précieuse, mais elle requiert une réflexion ultérieure. Les situations que l’on rencontre sur le continent et la nature même de l’Eglise exigent qu’elle travaille à la réconciliation et à l’harmonie entre les individus, les groupes et les nations en Asie. Toutefois, De quelle façon et comment l’Eglise peut remplir cette grande et urgente mission? La première question (de quelle façon) concerne les actions évangélisatrices, tandis que la seconde (comment) concerne la vie même de l’Eglise en vue de cette mission.

   Pour ce qui est de l’action évangélisatrice, l’effort se situe à différents niveaux ou contextes. Le premier est le niveau des relations interpersonnelles entre les individus, entre les groupes et entre les nations; le second est celui des relations entre les systèmes de valeur et les perspectives de la vie des diverses cultures et, enfin, le troisième niveau, le plus intime, est celui de l’intériorité des individus et des groupes.

   L’action évangélisatrice doit agir sur ces trois niveaux du problème en sachant que chaque niveau a des exigences spécifiques. Malgré les diversités de ces différents niveaux, l’exigence commune fondamentale de l’action évangélisatrice, à savoir la sagesse de savoir indiquer un chemin de réconciliation et d’harmonisation afin que les différences cessent d’être des pôles opposés pour devenir des éléments complémentaires.

   L’unité et l’harmonie ne sont pas une théorie, mais ce sont des valeurs de la vie qu’il faut transmettre. Par conséquent, la mission d’être sacrement, signe et instrument de l’unité et de l’harmonie pour le continent asiatique fait appel à la vie même des chrétiens. Le premier niveau est le coeur de chaque chrétien. L’effort pour transmettre la paix et la communion afin de recomposer l’unité et l’harmonie requiert des chrétiens qu’ils vivent ces valeurs dans leur existence pour que cet effort ne demeure pas un vain mot. Aussi est-il indispensable que chaque chrétien sache trouver en Jésus-Christ la source de la vie qui panse les blessures et infuse la paix dans le coeur. Si le coeur n’est pas imprégné de paix et s’il n’est pas nourri de communion, il n’y a plus de fête. Et si la fête manque dans le coeur, les discriminations et les condamnations, qui troublent tout et divisent tout, commencent à surgir. C’est pourquoi, avant tout, il est indispensable que l’intimité de l’évangélisateur soit un lieu de communion et de paix (19).

   Au niveau des relations interpersonnelles dans l’Eglise, la proclamation efficace de la réconciliation, de la concorde et de l’unité exige de l’Eglise, c’est-à-dire de tous les chrétiens, la capacité d’harmoniser les diversités dans tous les secteurs et dans toutes les expressions de la vie, de sorte que les différences ne soient pas cause de division et de conflit, mais source d’enrichissement mutuel. C’est précisément cet aspect qui requiert un engagement renouvelé des Eglises en Asie. Il suffit de penser aux problèmes et aux conflits existant au sein des communautés ecclésiales à cause des différences d’ethnie, de rites, d’origines géographiques, de vocations et de charismes... pour se convaincre que la mission d’être sacrement, signe et instrument de l’unité et de l’harmonie en Asie requiert surtout des chrétiens un chemin de conversion personnelle et de communautaire dans ce domaine.
 

3. Les effets de la modernisation en Asie: problèmes et possibilités pour l’évangélisation
 

   Jusqu’à maintenant, nous avons étudié les motifs et le contexte de la modernisation. Dans cette section, la modernisation est examinée sous l’angle des effets qu’elle a provoqués et qu’elle provoque dans les sociétés asiatiques, pour comprendre les défis posés par l’oeuvre d’évangélisation.

Les effets de la modernisation comme problèmes

   Sans aucun doute la modernisation a apporté des bienfaits pour la vie de la population. Par exemple, les moyens de transport et de communication ont réduit les distances et ont facilité les rencontres entre les gens; les instruments de travail ont soulagé beaucoup de fatigue humaine et ont contribué à rendre la vie plus facile; la médecine a contribué de manière positive à la santé des populations; les mass media ont contribué à enrichir la conscience des gens... Toutefois, à côté de ses bienfaits, le processus de modernisation a créé de nombreux problèmes à caractère humain, moral et religieux.

   Avant tout, nous trouvons le phénomène des gens qui quittent la campagne pour chercher du travail dans les villes ou dans les agglomérations situées autour des usines. Ces gens sont souvent sujets à l’exploitation et à l’injustice, en vendant leur peine et leurs efforts à très bas prix; très souvent ils doivent même sacrifier leur dignité humaine pour conserver leur travail et gagner leur vie.

   Le processus de modernisation a également entraîné la désintégration progressive des sociétés traditionnelles, en particulier de la famille, qui demeure la cellule fondamentale de la société et le principal soutien humain, moral et spirituel de l’homme asiatique. En conséquence, on assiste à une perte du sens d’appartenance à la communauté, à la dépersonnalisation des relations humaines et, en particulier, à la solitude dans l’intimité de la personne désorientée (20).

   Paradoxalement, la confiance et l’espoir d’en finir avec la pauvreté suscitée par la modernisation ont engendré de nombreuses conséquences négatives dans le domaine humain et moral. La possibilité de progrès matériel a suscité dans le coeur des gens un désir effréné de richesse, si bien que beaucoup sont disposés à sacrifier ou simplement à abandonner les valeurs humaines, morales et spirituelles qui sont considérées comme précieuses pour un Asiatique, comme par exemple la famille, la justice, la religion, la fidélité, l’honnêteté... La prostitution, les activités commerciales illicites, les tromperies réciproques entre amis et membres d’une même famille... sont les conséquences "naturelles" acceptées comme allant de soi et avec une certaine indifférence morale.

   Des problèmes humains et moraux, on passe facilement aux problèmes spirituels et religieux. Dans la société asiatique, le processus de modernisation a entraîné une érosion rapide des valeurs religieuses et a souvent étouffé les aspirations les plus élevées de l’homme. Beaucoup tendent à perdre le sens de Dieu, de sa présence dans le monde et de sa providence. Selon le témoignage d’un prêtre vietnamien, depuis que l’économie de marché a été introduite dans le pays, la pastorale a été marquée par l’expérience de la lutte des gens pour leur survie. La présence des fidèles dans les célébrations liturgiques et celle des jeunes dans les classes de catéchisme a sensiblement diminué. Dans le contexte global du continent, les évêques, rassemblés pour la IIème Assemblée plénière de la FABC à Calcutta en 1978, ont reconnu que les "croyants de toutes les religions, y compris les chrétiens, ne sont pas vaccinés contre les influences (de la modernisation). Eux aussi sont tentés d’abandonner la prière et la réalité de l’Esprit" (21). Et à la perte du sens de Dieu est liée la perte du sens sacré de la vie et de la personne humaine (22).

   Mais le problème le plus épineux est peut-être la logique engendrée par la modernisation qui pénètre dans la mentalité des gens, c’est-à-dire la logique techno-scientifique qui juge la valeur sur la base des résultats et non pas en fonction des principes ou qui apprécie les principes à partir des effets visibles; elle ne se soucie pas tant de la finalité ou de la signification que de l’efficacité, des profits et des revenus... Pour expliquer le fonctionnement de la logique techno-scientifique, le sociologue Jean-Paul Rouleau a observé l’attitude des catholiques par rapport à la question de la contraception : "En d’autres temps, nos parents respectaient la nature dans le cadre de la procréation. Pourquoi? Parce que selon leur schéma de représentation du monde, la nature était l’oeuvre de Dieu, elle était l’image de Dieu. Dieu était présent dans l’acte de transmission de la vie. C’était l’idée qui prédominait. Maintenant que le processus et l’acte par lesquels un enfant est mis au monde sont démystifiés et que l’on sait comment fonctionnent la conception et le développement de l’embryon..., maintenant que l’on contrôle ces phénomènes naturels, on ne parvient plus à comprendre pourquoi il faudrait se soumettre passivement à la nature. D’où l’acceptation de la pilule, des moyens artificiels de contraception, qui sont considérés comme les bénéfices normaux découlant des victoires de la raison humaine sur la nature. Dieu dit à nos parents : "Dominez la nature". C’est ce que l’humanité est en train de faire avec des instruments extrêmement sophistiqués. Pourquoi ne devrions-nous pas nous servir de ces conquêtes du génie humain? Voilà comment raisonnent normalement nos contemporains, hommes et femmes. C’est sur la base de ces raisonnements, explicites ou implicites, que de nombreux catholiques continuent d’utiliser les moyens artificiels de contraception, bien qu’un Pape ait écrit une encyclique qui les interdit. Les catholiques contemporains raisonnent selon une logique techno-scientifique et il leur est difficile de s’interdire certains comportements légitimés par cette logique au nom d’une logique différente, la logique symbolique" (23).

   A la lumière des observations faites jusqu’à présent, les problèmes que nous avons cernés et qui sont provoqués par la modernisation revêtent un caractère fortement humain, moral et spirituel et la question fondamentale de la modernisation en Asie est la direction ou la perspective de ce processus. Qu’on le veuille ou non, le processus de modernisation continue à se répandre et, de fait, il est en train de se répandre avec une rapidité impressionnante, sous toutes ses manifestations ambivalentes ou ambiguës.

   Dans cette situation, l’action de l’évangélisation ne doit pas simplement se limiter à l’effort pour corriger les déviations ou pour indiquer les critères théoriques, mais elle doit surtout savoir donner à la modernisation une âme qui soit capable d’orienter la direction du processus. Il faut orienter du dedans et pas seulement corriger ou guider du dehors. Pour cette tâche, une annonce joyeuse du Christ est plus nécessaire et urgente que jamais, lui le Dieu vivant qui éclaire et guide le coeur et l’esprit de tout homme. Cette annonce exige un coeur qui vit l’Evangile comme béatitude dans le nouveau contexte de la modernisation, car la force secrète qui donne l’impulsion à ce processus est le désir de bonheur, de la vie bienheureuse.

Les effets de la modernisation comme possibilité d’évangélisation

   Tous les effets de la modernisation ne sont pas négatifs pour l’évangélisation. Alors que la modernisation en Occident, qui est né du modernisme, revêt un caractère idéologique, antireligieux et antichrétien, la modernisation en Asie possède un caractère plutôt pratique et ne comporte donc pas la négation de la religion, à l’exception de quelques cas limités que nous avons cités précédemment, et encore moins la négation du christianisme. Les sentiments antichrétiens en Asie ne naissent pas de la modernisation en soi, mais de la rencontre des cultures comme nous l’avons également expliqué plus haut. Cette caractéristique de la modernisation offre à l’Eglise un contexte plus favorable pour sa mission.

   Le second effet de la modernisation, qui pourrait être favorable à l’évangélisation, ce sont les changements introduits dans la société. L’un des obstacles les plus grands pour l’évangélisation en Asie est certainement le poids de la société (groupe, famille, communauté, nation) sur l’individu. L’influence de la société agit dans une double direction : au niveau du for interne de chaque individu, un Asiatique se mesure toujours avec le groupe, en se conformant à lui. L’idéal de la vie est de vivre en harmonie avec les autres. Mais souvent l’harmonie se déforme et devient conformisme. Dans la vie sociale, l’autorité s’autorise à régler toute la vie du groupe, donc elle peut interdire et punir, et même exclure ou éliminer celui qui ose se comporter différemment par rapport au groupe. Par conséquent, l’acceptation de l’Evangile, avec sa conséquence de comportements différents par rapport au groupe, devient une décision très difficile, allant jusqu’à l’héroïsme.

   Or, le phénomène de la modernisation est en train de transformer profondément la mentalité des gens et donc également le style de vie et les structures de la société. Ces changements offrent aux gens davantage de liberté en vue d’une décision personnelle. En outre, les nouveaux moyens de communication sociale fournis par la modernisation offrent de nouvelles possibilités pour dépasser les frontières qui étaient jusqu’ici interdites. Des conditions plus favorables se présentent donc pour l’oeuvre d’évangélisation. Il revient aux chrétiens de savoir profiter des nouvelles possibilités offertes par la modernisation.

   Cela ne signifie pas pour autant que les changements se réalisent sans difficultés. Au contraire, on enregistre actuellement beaucoup de résistances et aussi de violentes réactions contre tout changement. Dans ce contexte, évangéliser la culture est une tâche importante de la mission de l’Eglise et, pour réaliser cette tâche, il est certainement nécessaire de trouver les voies de dialogue et de proposer, avec délicatesse, avec sagesse, mais aussi avec conviction et avec joie, le style et les critères de la vie selon l’Evangile.
 

Conclusion

   La modernisation est un phénomène très complexe qui touche plusieurs secteurs de la vie. Pour répondre aux défis lancés par la modernisation, l’Eglise a besoin de nombreux apôtres, en particulier de laïcs mûrs dans la foi, avec un coeur transformé et éclairé par l’Evangile et avec la compétence professionnelle adéquate pour pouvoir illuminer et transformer du dedans le processus de modernisation.

(ref. OMNIS TERRA, Septembre-Octobre 1997, n. 336, pp. 317-326)

* * *

NOTES

(1) Cf. Guida delle Missioni Cattoliche 1975, Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples, Rome 1975, p. 361-166; 543-611.
(2) Selon Salvador P. Lopez, "malgré la grande diversité des cultures asiatiques..., peut-être est-il juste de dire qu’une caractéristique peut être trouvée dans presque toutes les cultures asiatiques, sinon dans toutes, à savoir l’attitude de fatalisme et de résignation, l’acceptation docile de la condition humaine telle qu’elle est, un crainte bouleversante du passé, une passion désordonnée pour le monde invisible de l’esprit et un dévouement excessif envers la vie intérieure de la contemplation" (Salvador P. Lopez, The Two Cultures and the Asian Writer, in Susana José, The Asian Religious Sensibility and Christian Spirituality, vol. II, The University of the Philippines Press, p. 1009).
(3) Emile Poulat, Presente e futuro dell’eridità modernista, in Gesù Cristo e le Culture nel mondo e nella storia, a cura di G. Langevin e R. Pirro, Cittadella Editrice, Assisi 1993, p. 365.
(4) Asian Episcopal Conference (Manila, November 1970), in "Justice in the World", Our Bishops Speak on Development and Humna Promotion : THE BISHOPS OF ASIA, n. 5, Paper 4, Commission Pontificale "Justice et Paix", p. 6.
(5) Source : PC Globe 1992, Inc. Tempe, AZ, USA.
(6) Allemagne Fédérale : 63 473 (pop); 20 992 (PNB/capita); Allemagne de l’Est : 16 505 (pop); 9 779 (PNB/capita).
(7) Asian Episcopal Conference (Manila, November 1970), in "Justice in the World", Our Bishops Speak on Development and Humna Promotion : THE BISHOPS OF ASIA, n. 10, Paper 4, Commission Pontificale "Justice et Paix", p. 6.
(8) Cf. KIM Stephen (Cardinal), A Vision of Asia, in Toward a New Age in Mission, International Congress on Mission, 2-7 December, 1979, Book three, Position Papers, TMC, Manila, 1981, p. 151-152.
(9) DOURNES Jacques, God in Vietnam. A Christian Mission on the Plateaux of Vietnam, Geoffrey Champan, London-Dublin-Melbourne 1966, p. 49-50.
(10) Cf. ZAGO Marcello, La Chiesa in Asia oggi, EMI, Bologna, 1983, p. 16.
(11) Cf. DINH DUC DAO Joseph, Evangelizzazione e cultura in Asia : problemi e prospettive, in Omnis Terra, n. 38, Anno XII, Gennaio-Marzo 1994, p. 59 (Français : Omnis Terra, éd. française, février 1994, p. 80; Anglais : Omnis Terra, éd. anglaise, February 1994, p. 79; Espagnol : Omnis Terra, éd. espagnole, Febrero 1994, p. 80).
(12) Cité par Dick Wilson, Asia awakes, Weybright and Talley, New York, 1970, p. 47.
(13) PELAEZ Emmanuel, Conférence d’ouverture, in Susana José, Tha Asian Religious Sensibility and Christian Spirituality, vol. II, The University of the Philippines Press, p. 1006.
(14) Cf. WILSON Dick, op. cit., p. 42.
(15) Cette idéologie pourrait être le communisme ou le capitalisme selon la forme culturelle et idéologique de l’Occident rencontrée. Dans la majeure partie des cas, elle s’appuie sur le communisme contre l’Occident capitaliste. Cependant, dans ce cas-là, il s’agit d’accepter une culture occidentale contre une autre culture occidentale.
(16) Cf. PIMENTA Simon (Cardinal), Ethnic strife, rights violations among challenges facing Church, in "L’Osservatore Romano", English edition, 13.8.1990, p.6.
(17) FABC = Federation of the Asian Bishop’s Conferences (Fédération des Conférences épiscopales d’Asie).
(18) Vème Assemblée plénière de la FABC, Document final, n. 4.3., in "ASIA News", 15.9.1990, p. 370.
(19) Cf. Dinh Duc Dao, Profeta d’Amore, EMI, Bologna, 1986, p. 78.
(20) Cf. IIème Assemblée plénière de la FABC, Déclaration finale, n. 8, FABC Papers, n. 13, p. 14-15.
(21) IIème Assemblée plénière de la FABC, Déclaration finale, n. 8, FABC Papers, n. 13, p. 14.
(22) Idem.
(23) ROULEAU Jean-Paul, Cristianesimo e modernità : due logiche a confronto, in Gesù Cristo e le culture nel mondo e nella storia, a cura di G. Langevin et R. Pirro, Citadella Editrice, Assisi 1993, p. 386-387.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

  Peu importe que des combats se soient de nouveau déroulés en Afghanistan au début du troisième millénaire, en 2002, au Kosovo [1], auparavant en 1954, en 1945, en Inde dans les années 1930, en 1871 sous la Commune de Paris, et à tant d'autres lieux et dates. L'important est le souvenir que les peuples conservent des envahisseurs et de leurs méthodes passées. On ne peut rien faire contre cela. Les jeunes fondateurs ont très bien pu rencontrer les poursuivants nazis sur les pentes de l'Hymalaya dans les années 1940, ou bien souffrir sous les bombes en 1968 à Hué et à Cuu Chi le Stalingrad des néo-sumériens infligé par la résistance vietnamienne [2].

il s'agit d'une lutte intemporelle !

Notes:

1 - en assurant de leur amitié les minorités musulmanes du Kosovo comme toutes les autres minorités.
  Voir ligne Friendly everywhere qui parmi d'autres courants, est devenue la ligne pour les faibles dans l'Alliance.

2 - Qui fit reculer un troisième reich extrême-oriental et qui fera peut-être encore reffluer les envahisseurs néo-sumériens dans d'autres endroits.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

1945
 2 septembre

Ho Chi Minh proclame l'indépendance du Vietnam.

Le Vietminh, fondé en 1941 par d'anciens dirigeants du parti communiste indochinois, profite de la capitulation du Japon et de l'incapacité des Français à reprendre le pouvoir, pour proclamer l'indépendance. Ho Chi Minh devient président du nouveau gouvernement révolutionnaire. La France, vaincue à Dien Bien Phu en 1954, reconnaîtra l'indépendance du Vietnam avec les accords de Genève en 1956.

cf. égt.

Les guerres contre le peuple Vietnamien (la 2è notamment, après l'invention d'un prétexte pour attaquer par surprise).
Principales dates du 20e siècle
Jeunes démocrates du monde entier avec les résistants et le NSD
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Jeunes démocrates du monde entier avec les résistants et le NSD

Conférence de la Fédération mondiale des jeunes démocrates
   02/26/2005 -- 21:52(GMT+7)

Hanoi, 26 février (AVI)

   La conférence du Conseil commun de la Fédération mondiale des jeunes démocrates a affirmé le rôle des organisations de jeunes dans le monde en terme de règlement des problèmes sociaux, la solidarité et la coopération dans une lutte pour un monde en paix, la prospérité, la coopération et le développement durable.

   L'estimation a été faite par le secrétaire permanent du Comité central de l'Union de la jeunesse communiste Ho Chi Minh, Dao Ngoc Dung, lors la conférence du Conseil commun de la Fédération mondiale des jeunes démocrates qui s'est déroulée les 25 et 26 février à Hanoi, avec la participation d'une cinquantaine de jeunes délégués dans le monde.

   Les jeunes vietnamiens se réjouissent du développement du mouvement de jeunes progressistes dans le monde et s'engagent à apporter une part active à la lutte commune des jeunes et des habitants des pays pour la paix, l'indépendance nationale, la démocratie, le développement et le progrès dans le monde, a affirmé M.Dao Ngoc Dung. -AVI

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